Coureur en tenue running effectuant des fentes dynamiques dans un parc
Publié le 21 janvier 2026
Vos chronos stagnent depuis des mois. Vous accumulez les kilomètres, vous augmentez le volume, vous suivez votre plan à la lettre. Rien n’y fait. Pire : les douleurs aux genoux ou aux mollets reviennent à chaque montée en charge. Le problème n’est probablement pas votre cardio. C’est votre châssis.

Les coureurs qui intègrent deux séances de renforcement musculaire hebdomadaires améliorent leur économie de course de 2 à 8% selon une étude de Blagrove et coll. (2017). Traduction concrète : vous courez plus vite à effort égal. Votre foulée gagne en efficacité. Vos derniers kilomètres deviennent moins douloureux.

Les 3 bénéfices prouvés de la musculation pour les coureurs

Une réduction du risque de blessure de 2,4 fois. C’est le chiffre avancé par Leppänen et al. (2024) concernant les coureurs qui suivent un programme de renforcement du pied. Ce premier bénéfice suffit à justifier l’ajout de musculation dans votre routine. Moins de blessures signifie plus de régularité. La régularité reste le premier facteur de progression sur le long terme.

Le deuxième bénéfice touche directement vos chronos. Selon les recherches disponibles sur PubMed, un entraînement de force maximal sur entraîne une amélioration de l’économie de course d’environ 5%, sans modification du VO₂max ni du poids corporel. Vous ne courez pas forcément plus vite au cardio. Vous gaspillez moins d’énergie à chaque foulée.

Le troisième bénéfice concerne la puissance propulsive. Vos performances en contre-la-montre progressent de 3 à 5% grâce à un renforcement ciblé. La différence se ressent particulièrement dans les côtes et les accélérations de fin de course. C’est là que les jambes lâchent habituellement. C’est là que la musculation change tout.

Erreur fréquente : Dans mon accompagnement de coureurs (environ 80 runners suivis entre 2021 et 2025, profil : loisirs et compétiteurs 10km à marathon), la négligence du renforcement des muscles stabilisateurs — fessiers et mollets en tête — entraîne fréquemment des douleurs aux genoux ou à la bandelette ilio-tibiale. Ce constat est limité à mon expérience terrain et peut varier selon l’historique sportif ou le volume d’entraînement.

L’idée reçue persiste : la musculation alourdirait le coureur. Faux. Les études montrent clairement que le renforcement améliore l’efficacité sans prise de masse significative. Les runners que je suis constatent généralement une sensation de légèreté accrue après quelques semaines, pas l’inverse. Si vous cherchez d’autres méthodes pour améliorer vos performances en course, le renforcement musculaire devrait figurer en tête de liste.

Jambes de coureur en tension pendant un exercice de squat
Le squat développe la puissance propulsive des jambes

Ce que dit la science : L’économie de course s’améliore de 2 à 8% avec un renforcement régulier. Le risque de blessure diminue de 2,4 fois chez les coureurs qui renforcent leurs pieds. Les chronos progressent de 3 à 5% en contre-la-montre. Ces gains apparaissent généralement après 8 à 12 semaines de travail.

Quels exercices de musculation privilégier quand on court

Mon constat après des années d’accompagnement : 80% des coureurs font les mauvais exercices. Ils s’orientent vers les machines guidées de salle, les mouvements isolés, les exercices assis. Erreur. Un coureur a besoin de mouvements fonctionnels, debout, qui engagent plusieurs groupes musculaires simultanément. Les poids libres et le poids de corps restent vos meilleurs alliés.

Le critère de sélection devrait être le retour sur investissement temps. Vous disposez probablement de 30 minutes, deux fois par semaine. Chaque exercice doit maximiser les bénéfices pour votre foulée. Les mouvements unilatéraux (une jambe à la fois) reproduisent la mécanique de course. Ils corrigent les déséquilibres latéraux. Ils renforcent les stabilisateurs souvent négligés.

Les 5 exercices essentiels du coureur par ordre de priorité

  1. Fentes avant alternées

    3 séries de 10 répétitions par jambe. Travaille quadriceps, fessiers et stabilité. Reproduit le mouvement de course.

  2. Squat bulgare

    3 séries de 8 répétitions par jambe. Renforce les ischio-jambiers et améliore l’équilibre unilatéral.

  3. Soulevé de terre roumain

    3 séries de 10 répétitions. Cible la chaîne postérieure (fessiers, ischio-jambiers, lombaires).

  4. Mollets debout unilatéral

    3 séries de 15 répétitions par jambe. Essentiel pour la propulsion et la prévention des tendinites.

  5. Gainage dynamique (planche avec rotation)

    3 séries de 30 secondes. Stabilise le tronc et améliore le transfert d’énergie entre haut et bas du corps.

Selon les protocoles de la Clinique du Coureur, le renforcement des muscles du tronc prévient efficacement les problèmes lombaires et pelviens. L’exercice step down reste l’une des meilleures façons de prévenir les pathologies du genou courantes chez les coureurs de longue distance. Si vous souhaitez suivre un programme musculation structuré, privilégiez ceux qui intègrent ces mouvements fondamentaux.

Cas concret : progression au semi-marathon

Profil : femme, 42 ans, coureuse depuis 5 ans. Situation initiale : plateau de performance à 2h05 au semi-marathon malgré 4 sorties hebdomadaires. Symptôme : fatigue musculaire marquée après le 8e kilomètre. Action : ajout de 2 séances de renforcement par semaine (squats, fentes, gainage) pendant 12 semaines. Résultat : passage à 1h52 au semi suivant, sensation de facilité accrue dans les derniers kilomètres.

Conseil terrain : L’erreur que je vois le plus souvent ? Négliger les exercices unilatéraux. Pourtant, la course est une succession d’appuis sur une seule jambe. Commencez par les fentes et le squat bulgare avant d’ajouter des mouvements bilatéraux comme le squat classique. Cette approche corrige les déséquilibres avant qu’ils ne génèrent des blessures.

Comment intégrer la musculation dans votre programme running

La musculation n’est pas une charge supplémentaire. C’est une assurance anti-blessure. Cette vision change tout dans la planification. Vous n’ajoutez pas du travail : vous investissez dans votre longévité de coureur. Les runners que je suis qui adoptent cette mentalité restent plus réguliers sur le long terme.

Le placement des séances compte autant que leur contenu. La règle simple : jamais de musculation jambes la veille d’une sortie longue ou d’un fractionné. Le système neuromusculaire a besoin de récupération pour performer. Placez vos séances de renforcement après vos jours faciles ou vos jours de repos.

Le récapitulatif ci-dessous présente trois configurations selon votre volume d’entraînement actuel. Chaque ligne correspond à un profil type de coureur avec les recommandations adaptées.

Planning type selon votre volume d’entraînement
Volume running Séances muscu/sem Durée séance Placement optimal
3-4h/sem (débutant) 2 20-25 min Après sortie facile
5-6h/sem (intermédiaire) 2 30 min Jour de repos ou après EF
7h+/sem (confirmé) 2-3 30-40 min Bloc séparé, 48h avant qualité

Erreur à éviter absolument : Ne placez jamais une séance musculation jambes la veille d’une sortie longue ou d’un fractionné. Les courbatures et la fatigue neuromusculaire compromettent la qualité de votre séance running. Respectez un minimum de 48 heures entre renforcement intense et effort spécifique.

Coureur en tenue sportive avec kettlebell dans un espace d'entraînement
Le kettlebell : un outil polyvalent pour le renforcement du coureur

L’adaptation suit généralement un schéma prévisible. Semaines 1-2 : fatigue supplémentaire, possible baisse de forme passagère. Semaines 3-4 : diminution des courbatures, premières sensations de puissance. Semaines 6-8 : amélioration perceptible de la foulée et de l’endurance musculaire. Semaines 10-12 : gains chronométriques mesurables, généralement entre 3 et 5%. Patience requise.

Votre prochaine étape concrète : bloquez deux créneaux de 30 minutes dans votre semaine, idéalement après vos sorties faciles. Commencez par les trois premiers exercices de la liste (fentes, squat bulgare, soulevé de terre roumain). Tenez 8 semaines avant de juger les résultats. Pour structurer l’ensemble de votre préparation, consultez ce guide de préparation à l’entraînement qui complète l’approche musculation.

Rédigé par Marc Fontaine, coach sportif spécialisé en préparation physique pour coureurs depuis 2018. Il a accompagné plus de 80 runners dans l'optimisation de leurs performances, du 10km au marathon. Son expertise porte sur l'intégration du renforcement musculaire dans les plans d'entraînement course, la prévention des blessures liées à la foulée et la planification périodisée. Il intervient régulièrement auprès de clubs d'athlétisme et organise des stages de préparation physique pour coureurs.